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dimanche 3 décembre 2017

Le jour où mon travail devint alimentaire...


Ou comment j’ai découvert le vrai sens de mon existence. (Sous-titre rajouté par mon chéri.)


A la base, j’ai choisi le métier de professeurs pour les raisons suivantes : premièrement, j’excellais à l’école et m’y sentais en sécurité ; deuxièmement, je voulais garder le même rythme de vacances que j’avais toujours eu ; troisièmement, je pensais que ce choix me laisserait le temps qu’il faudrait pour m’adonner à ma vraie passion : l’écriture.

Cependant, les premières années, je me suis vraiment prise au jeu, quitte à délaisser ma vie personnelle et mes projets d’écriture. J’investissais tout mon temps dans des projets, tenais un club, participais activement au FSE, étais professeur principal et membre du CA… Ma vie, c’était mon travail. Je ne pensais, respirais, mangeais, dormais que par lui.

Puis vinrent les déconvenues : la réforme du collège qui a massacré mes heures de latin, un supérieur qui m’a injustement mis des bâtons dans les roues, des élèves consuméristes qui veulent arrêter l’option dès qu’ils ont obtenu leur voyage, un manque d’investissement général lors des projets qui s’est soldé par un immense sentiment de solitude.

Je me souviens de la dernière année où j’ai organisé un loto pour faire baisser le prix du voyage à Rome de près de 100 euros par élève, je n’avais pas assez de lots pour faire mes paniers garnis. Je suis passée dans toutes les classes, ai demandé de l’aide aux premiers concernés, mes latinistes, et j’ai reçu… deux paquets de pâtes… 18 classes, entre 400 et 500 élèves, deux paquets de pâte. Concernant les commerçants de la ville où se situe mon collège, obtenir des lots de leur part demandait du temps : il fallait passer les voir en septembre pour obtenir une promesse de lots. Un mois plus tard, je repassais pour prendre les lots : ils n’étaient pas prêts pour la plupart, je devais repasser une troisième fois voire une quatrième fois. 
En plus, cette année-là, un parent est passé avant moi les récupérer sans m’en avertir (et selon certains commerçants, il ne m’aurait pas tout remis). 
Cerise sur le gâteau, une commerçante qui m’avait promis un lot m’a envoyée paître car elle était en colère contre un de mes collègues avec lequel je n’avais rien à voir. 
D’autres commerçants qui acceptaient de donner des lots les années précédentes ont refusé sous prétexte qu’ils ne donnaient plus qu’aux clients (alors que les parents de nos élèves sont clients chez eux). En tant que collège, va acheter des fringues dans une boutique, tiens…

Au début, tout nouveau, tout beau, quand on inaugure un dispositif on reçoit un peu plus d’aide mais les années suivantes, quand le système semble être devenu pérenne, les gens se désintéressent, ils ont l’impression que ça va fonctionner tout seul, ils s’en foutent. Après quatre ans de loto, je sentais que j’avais atteint une limite.

C’est là que j’ai eu un premier déclic : mais pourquoi je fais tout ça ? J’adore enseigner, oui, mais toutes ces fioritures autour ? Tout ce temps passé à ne pas préparer mes cours, à ne pas corriger mes copies, à ne pas enseigner… pourquoi en définitive ? Les élèves sont déjà contents quand ils quittent ma salle de cours, pourquoi je m’emmerde à mendier des lots et à passer mes soirées à organiser un truc dont la grande majorité se fout ?

En juin de cette année-là, j’ai connu d’autres déboires : certaines classes seraient fermées aux latinistes pour des raisons d’emploi du temps (prétexte bidon car les heures rentraient dans les grilles horaires), ce qui a fait fondre mes effectifs.

J’ai eu le deuxième et dernier déclic : j’ai cessé d’être professeur principal, j’ai quitté le foyer, j’ai arrêté mon club, ne me suis plus jamais représentée au CA, n’accepte plus les heures supplémentaires.

Je continue à préparer scrupuleusement mes cours mais ne perds plus mon temps dans le bénévolat ou dans le surplus. (Le poste de professeur principal bénéficie d’une prime mais vu le travail demandé, les heures supplémentaires seraient plus intéressantes… si elles n’étaient pas imposables.)


Je me suis consacrée plusieurs années à mon travail pour qu’en fin de compte il me chie à la gueule. Il était temps que je retrouve le sens des priorités.


Bien sûr, j’ai eu et j’ai encore des élèves géniaux (je ne parle pas forcément en terme d’intelligence mais en terme d’humanité) que j’adore et que je m’efforce d’aider, de guider, de rendre autonome du mieux que je peux. Les élèves sont d’ailleurs pour moi le point POSITIF de ce métier. (Même s’il y a des petits cons à tous les étages, comme partout.) 


La hiérarchie… je n’ai plus confiance en elle : trop d’entourloupes, d’hypocrisie, de langue de bois, de propositions vides de sens dans des réunions stériles. J’ai souvent eu l’impression d’être confrontée à des gens complètement déconnectés de la réalité. 
Je me souviens d’inspecteurs venus nous présenter ce qu’ils appelaient les « tâches complexes » qui étaient censées remobiliser et intéresser l’élève. Ils avaient conclu en disant : « ça marche très bien en prépa ! » … En prépa ?! Avec des jeunes triés sur dossier de 18/19 ans ?! Et avec des collégiens en zone rurale, c’est la même chose peut-être ?! Enfin, je n’ai peut-être pas encore rencontré les glorieux êtres qui sauront me redonner foi en l’éducation nationale.

Petit à petit, donc, je me suis recentrée sur l’essentiel : mon foyer, mes amis, mes écrits, mes loisirs. Et un beau matin, avant d’aller au collège, j’ai réalisé : « ha… Si j’étais rentière…  Si je gagnais au loto, je n’y mettrais plus les pieds… »

Mon travail devint alimentaire. Il me faut des sous pour m’amuser, me nourrir, me loger…. Et c’est tout.

Je n’en changerais pas parce que je sais très bien qu’aucune activité rémunérée ne saurait me satisfaire. Je n’ai pas d’ambition de carrière. Je n’attends rien du monde. J’aime écrire, je veux écrire, en toute liberté, comme je veux, quand je veux et ne me soumettre à aucun diktat de mode.

Je resterai professeur car, après avoir supprimé le superflu, ce métier m’offre le temps nécessaire pour me consacrer à mon épanouissement personnel. Je prends du plaisir à enseigner même si, selon les périodes, des vagues d’ennui me submergent (refaire les mêmes programmes tous les ans, répéter les mêmes notions jour après jour…). 
  
Mais je vais avoir le privilège de voir grandir mes enfants puisque nous aurons des horaires sensiblement pareils. Je vais pouvoir écrire, voyager, profiter  de la vie. Que demander de plus ?

Rien, il suffisait juste que j’en prenne conscience. Cela fait presque 9 ans que je suis prof, l’illusion aura duré 7 ans.


dimanche 9 avril 2017

Delenda est Najat...

C’est quand même incroyable que je n’aie jamais consacré un article à la réforme des collèges… 

La vivre est déjà suffisamment éprouvant et frustrant, je pense qu’au fond je n’ai plus envie d’en parler. 

J’espère ardemment que le candidat qui passera la fera sauter. Maintenant, même si cette foutue réforme du diable passe à la trappe, je ne suis pas sûre de récupérer mes heures en lettres classiques.





Avant la réforme, j’enseignais 10 heures de latin (2 groupes de 5° à 2 heures par semaine, puis 3 heures pour les 4° et 3 heures pour les 3°). Au sommet de ma gloire, j’avais même créé un projet en sixième avec 2 heures par semaine supplémentaire pour le grec et la culture antique. 

Avec la réforme, je n’ai plus que 5 heures de latin, dont une seule heure pour le niveau 5°, ce qui est complètement ridicule, je n’ai le temps de rien. En plus, mon heure est placée en fin de journée et se voit donc grignoter par la récréation. Je ne parle même pas de la fatigue des élèves.

Cette réforme, c’est de l’hypocrisie pure : elle est ECONOMIQUE. Elle n’a jamais été pensée pour le bien des élèves.

Un exemple, un seul (parce que je n’ai plus envie de m’énerver sur le sujet –purée, je bouffe mes cheveux rien qu’en tapant ces lignes !), pour appuyer mon accusation. 
Autrefois, en 6°, on bénéficiait de deux heures d’ATP (accompagnement du travail personnel), des heures données en plus. 
Avec la réforme, on nous bassine avec le fait que cet ATP est remplacé par l’AP (accompagnement personnalisé) à hauteur de 3 heures par semaine en 6° (pour les autres niveaux, les horaires varie entre 1 et 2 heures). « Waou ! Mais c’est mieux ! » pourrait-on croire. Non, ces heures ne sont pas données en plus : elles doivent être volées aux cours usuels. Et comme il y a beaucoup de matières qui n’ont pas assez d’horaire à la base, sur qui ça tombe ? Sur le français, les maths et l’histoire & géographie. Donc voilà, non seulement on a perdu des heures pour aider les élèves mais en plus on perd des heures d’enseignement. 


Enfiiiiiin… Je ne trouve pas de mots pour exprimer à quel point j’exècre cette réforme… Un petit zoom sur deux, trois aspects et après fini, je n’en parle plus (je m’étrangle avec mes cheveux)…. 



1) Les EPI.

Le travail pluridisciplinaire c’est bien quand les profs sont volontaires et inspirés. Mais quand on nous force la main et qu’on oblige TOUT UN NIVEAU à faire les MÊMES EPI, c’est DEBILE ! L’intérêt d’un projet c’est de s’adapter à la classe qu’on a en face de soi, pourquoi obliger les élèves à bouffer la même tambouille ?! (On a déjà les programmes pour uniformiser, non ?) Je ne reviens même pas sur le fait qu’avant de mêler les matières, il faut que les bases soient correctement acquises. Les projets, c’est du luxe, la cerise sur le gâteau quand tu as déjà ingurgité ton poireau ! (Heu…)








2) L’AP.

J’en ai déjà parlé mais je n’ai pas dit le plus drôle : aucun inspecteur n’a su nous expliquer en quoi consistait réellement l’AP. Comprenez bien qu’une aide personnalisée à 30 dans une classe, ce n’est pas évident. On a quand même pu nous dire ce que l’AP n’est pas… Alors, l’AP n’est pas un cours de méthodologie, l’AP n’est pas un cours de soutien, ni de l’aide aux devoirs, ni un prolongement de la matière qui s’en charge, l’AP n’est pas une pantoufle, ni un four micro-onde, ni un stylo, l’AP ne se mange pas, ne se boit pas, on ne peut pas s’en servir pour donner de l’élan à un pigeon.

On l’a juste dans le cul, en fait. 








3) Le prédicat. 

Bordel de tête à queue ! C’est con, c’est compliqué ! L’analyse grammaticale n’a jamais été aussi floue…  
Le prédicat, c’est le verbe avec ses compléments. 
Bon, j'avoue que je suis un peu de mauvaise foi là, ce n’est pas si complexe que cela… et dans la mesure où on garde le COD, le COI et le COS l’analyse sera quand même approfondie. Mais les sources que j’ai trouvées sur internet pour le définir et le différencier du complément de phrase (qui remplace en gros les compléments circonstanciels) m’ont plus embrouillée qu’autre chose. M’étant braquée contre ce truc, je ne le comprends pas entièrement. Il me faudrait faire un petit effort que je ne suis pas disposée à fournir. Na !








mardi 24 novembre 2015

On a déshabillé Pierre pour défoncer Paul...


Yo ! Il y a quelques temps déjà, une vidéo a fait le buzz sur internet... Une vidéo promue par l'Académie de Toulouse pour présenter aux collégiens la fusion des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. 



Ils ont pour l'occasion utilisé le cadavre de feu Riquet en insérant une main dans son cul pour l'agiter comme une marionnette le personnage de Pierre-Paul Riquet, l'entrepreneur qui a conçu et réalisé au 17ème siècle le canal du midi. 

Cette vidéo passe très mal au niveau des enseignants à cause de son fond (peu abouti, les arguments tournent en rond) et sa forme débilitante à souhait. Ils imitent un langage supposé des jeunes et accumulent les clichés.

Mais voyez plutôt par vous-même :




Enfin... Étant une personne positive, plutôt que critiquer à outrance cette... heu... chose... j'ai préféré rebondir et saisir l'occasion pour créer un questionnaire à destination des ados afin de tester leurs compétences de compréhension.  Je ne vous ferai pas l'affront, bien sûr, de vous communiquer le corrigé...



                         QCM


Pour vérifier que vous avez bien tout capté les djeuns !



1)      Quelle image cette vidéo renvoie-t-elle de la jeunesse française ?

- Ils passent pour des gros débiles profondément attardés.
- Ils sont désignés comme la digne relève qui paiera la retraite de leurs vieux professeurs.
- Ils semblent les victimes innocentes d’un système qui cherche à broyer leurs rêves et leur personne.



2)      Comment vous êtes-vous senti après le visionnage de cet étron ?
- Insulté et souillé jusqu’au plus profond de mon âme.
- Vidé de toute émotion et de toute pensée.
- Arghejfdqmlkzefk…



3)      Dans ce clip, la dépouille de double P. Riquet a été…
- respectée et enveloppée dans un linge blanc tout propre qui sent l’arc-en-ciel.
- sauvagement violée par tous les trous jusqu’à ce que des gouttelettes de sperme dégoulinent de ses orbites creuses.
- déterrée et envoyée sur la lune, là où elle ne fera plus souffrir personne.



4)      Quel est le principal argument avancé pour justifier la fusion des régions ?
- On a trop l’swag tous ensemble.
- Nespresso, what else ?
-  1 + 1 = 3.



5)      Double P. Riquet prétend avoir un Smartphone…
- Ce n’est pas possible, au 17ème siècle on n’avait que le Nokia 3310.
- Ha ? Samsung ou Apple ? J’ai besoin de savoir, c’est important…
- Qu’il s’en serve pour trouver un coiffeur…



6)      Qu’avez-vous appris avec cette vidéo ?
- Georges Clooney a vécu au Moyen-âge.
- Le canal du midi n’est pas une chaîne de télévision.
- La région va grossir grave parce que Montpellier et Toulouse sont deux lourdes métropoles.



7)      Que signifie l’expression « gros poutous » ?
- « Je vous conchie tous un par un… »
- « Je me fous de votre gueule mais un truc de ouf ! »
- « Bisous bien baveux. »



8)      Et si finalement, on vous disait que cette vidéo était une blague ?
- A Nuremberg aussi, les Nazis ont dit que c’était une blague…
- C’est pas censé faire rire une blague ?
- Arghejfdqmlkzefk…



9)      C’est quoi l’humour ?
- Une arme redoutable qui doit être maniée seulement par ceux qui savent s’en servir.
- Un décalage entre le réel et la situation attendue.
- ‘Encules un mouton.



10)   Le mot de la fin ?
- La réforme des collèges est à l’image de cette vidéo…
- On est tous foutu…
- Un jour, le ridicule tuera, et ce jour-là je ne serai pas loin pour vous abattre...










Pour conclure, en recherchant la vidéo j'avais commis une petite erreur dans l'orthographe du nom Riquet.

Voyez plutôt...



C'est un signe !

 

dimanche 28 juin 2015

De via


Mon principal m'a demandé un bilan de mon voyage avec mes latinistes pour le présenter au conseil d'administration.
Le voici... Le titre "de via" peut se traduire par "à propos du voyage".

DE VIA
 
 
Ce dessein m’est venu en plein cœur de l’automne,
Je voulais éclaircir le regard monotone
De ces enfants éteints qui peuplent le collège
Et rendre leur pensée plus pure que la neige.
Il fallait que le songe, à portée de leur main,
Devienne plus concret, et dès le lendemain
Je leur ai promis Rome, à qui nul ne résiste,
J’ai promis Pompéi et son destin si triste,
J’ai promis le Vésuve et son âme de feu,
J’ai promis l’aventure et quelque instant fougueux.

Ils m’ont suivie alors, je les en remercie,
Ce voyage avec eux pour moi n’a pas de prix.
(Il en a un pourtant pour leur mère, leur père
Et pour la gestionnaire à la poigne de fer…)
Dès lors que j’atteignis la cité éternelle,
Mon cœur s’est demandé : « que ferais-je sans ailes ? »
Et j’ai vu dans les traits de mes très chers élèves
L’émotion partagée et le début du rêve…

Ils ont foulé le sol des généraux vainqueurs,
De la via sacra que les triomphateurs
Foulèrent mille fois dans les éclats de voix
De ce peuple romain qui imposa sa loi
A l’univers entier, du moins le croyait-il…
Ils ont vu la villa où s’écoule le Nil
Qu’Hadrien fit construire afin qu’on se souvienne
De son amant noyé dans les eaux égyptiennes.
Ils ont frémi au fond de la cité maudite
Que le volcan furieux sans pitié a détruite…
Quant à moi, j’ai pu voir, c’était le jour dernier,
Un exemple parfait de solidarité :
L’un des enfants avait perdu un sac entier
Rempli de souvenirs pour ses proches achetés.
Il pleurait fort, meurtri, les yeux rougis de larmes,
Et ses camarades comprirent ses alarmes :
Ils se sont cotisés. Il retrouva alors
Ce qu’il avait perdu et même plus encore.
Ce périple était bien une aventure humaine,
Et non un défilé de monuments pérennes
Qui ne semblent exister qu’au milieu des nuages…
Devrais-je plus m’étendre et lister davantage
Tous les lieux, tous les vœux
Que j’ai vus dans leurs yeux ?

Car l’histoire a pris forme au-delà des fantômes
Des rues de Pompéi et des beautés de Rome,
Ces souvenirs en eux sont gravés pour toujours,
Ils les évoqueront comme leurs plus beaux jours.
Que reste-t-il, c’est vrai, de ce qu’on  nomme école ?
A part ces chers moments où notre âme décolle
A travers un voyage où, libre des parents,
On se cherche soi-même, on se trouve en rêvant,
Quand l’Ecole nous tend ce que la Vie refuse ?
Les espoirs les plus fous sont aussi ceux qui usent…
Mais quand l’un d’eux prend vie aux abords de l’été,
Il acquiert en un coup un goût d’éternité.
 

jeudi 14 mai 2015

Rome qui t'a vu naître et que ton coeur adore !




Ce dimanche, la joyeuse quoique désabusée Anaxy part en voyage à Rome avec une cinquantaine de latinistes prêts à en découdre avec les pigeons farceurs de la cité éternelle.




En effet, il y a deux ans, j’avais aussi organisé un voyage semblable et les victimes de la fiente céleste furent nombreuses. Deux de mes élèves se virent souillés par ces immondices excrémenteuses ainsi qu’une de mes collègues à la longue chevelure bouclée… le caca a traversé ses cheveux, laissant une trainée blanche et gluante à chaque étage… 



Je tremble de revivre pareille expérience.



Mais il y a eu pire… Il y a deux ans, le voyage fut on ne peut plus éprouvant : lors de la visite des musées du Vatican, un de mes élèves a eu la bonne idée, à l’entrée de l’édifice, de dégainer un porte-clés laser pour jouer sur le mur. Résultat les vigiles nous ont expressément demandé d’abandonner tous nos sacs à dos à la consigne. Consigne qui fermait deux heures plus tard… Le temps de tout visiter et de monter l’Acropole, il était bien entendu trop tard pour récupérer nos affaires. Nous avons dû attendre devant la gendarmerie du Vatican jusqu’à 19H30 pour que nos sacs nous soient restitués. Et en plus, lors de la visite de la chapelle Sixtine, nous nous sommes faits gourmander par un garde nous intimant de nous taire. Un blondinet de mon groupe a alors cru bon de se planter devant moi avant de crier : « MADAME POURQUOI ON NE PEUT PAS PARLER ?! »

Le garde nous a foutus dehors. Et par la mauvaise sortie. On a raté la Basilique Saint-Pierre… 


Mais il y eu pire dans ce voyage d’il y a deux ans… Notre bus est tombé en panne et nous sommes restés bloqués à Tivoli, à la villa Hadriana pendant 8 heures… Le temps que notre organisme ne trouve un bus italien qui veuille bien nous ramener à notre hôtel, il était bien 20HOO passées. Nous avons regagné nos pénates vers 22H00. Le seul point positif c’est que nous avons mangé dans une pizzeria toute proche…



Mais il y a eu encore pire… Le bus ne pouvant être réparé dans les temps, la compagnie nous en a renvoyé un autre de France qui a roulé toute la nuit pour nous rejoindre… Et lors du retour dans notre patrie, le jour suivant, dans ce nouveau bus, sur l’autoroute, à 7H00 du matin, tandis que je dormais paisiblement sur la banquette arrière, les deux pneus arrière ont explosé en même temps. Le bus a failli percuter un camion et se coucher… Réveillée par ce bruit atroce, j’ai eu le temps de sentir notre véhicule tanguer dangereusement…

Le chauffeur, que je nommerai le Busonaute aux mille réflexes, a réussi par chance ou par miracle à se garer sur la bande d’arrêt d’urgence. Nous avons évacué les élèves qui sont montés sur un talus d’herbes pour se suspendre à un grillage le temps que les gendarmes viennent nous évacuer.



Cette année, je repars… J’ai changé d’organisme et de compagnie de bus, ne sachant qui m’a porté la poisse. J’ai cependant quasiment gardé la même équipe d’accompagnateurs, dans la mesure où le reste du temps ces joyeux drilles paraissent avoir de la moule. (D’autant plus qu’en fait ce sont des accompagnatrices…)



Cette année, j’ai en outre organisé une visite au Vésuve et à Pompéi. Selon les dernières nouvelles, ce volcan est censé « bientôt » exploser.


Par pitié, par sur nous. 


Seigneur Dieu, c’est déjà pas sympa de ne pas exister, mais s’il-te-plait, arrête de me casser les ovaires. J’ai beau être sacrilège, je suis mimi tout plein la plupart du temps. Miou !

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